Expos & musées

Arles dans l'objectif

Rencontres d'Arles 2015_article

Jusqu’au 20 septembre, Arles la Romaine se mue en « Photopolis sur Rhône » le temps des Rencontres de la Photo.

Le festival fut créé en 1970 par le photographe alsacien Lucien Clergue. Mais le projet n’aurait pas vu le jour sans l’écrivain Michel Tournier et Jean Maurice Rouquette, alors conservateur du musée de la ville et tout aussi passionné. C’est le début d’une fabuleuse histoire qui fera de la ville d’Arles, une référence en matière de pratiques photographiques et de création contemporaine.

Alors, pourquoi ne pas vous engager, même sans bagages, dans ce parcours semé d’images, à l’esthétisme parfois subversif ou envoutant ? Épinglées le long des murs, exhibées sous tous les angles, elles vous en mettront plein les yeux. Pas besoin d’être spécialiste en la matière pour communiquer avec les photos. Ça parle d’emblée de l’état de notre société, du monde tel qu’il va. Traces de vie, paysages intimes ou urbains, portraits d’anonymes saisis à leur insu, captés sur le vif, d’un simple clic.

Impossible d’échapper à l’expérience de ce que vous verrez… Parce que le photographe par son approche forcément subjective transforme votre regard, il vous apprend à voir

Sur les 40 expositions, difficile de s’orienter sans le petit guide qu’on vous donne à la billetterie. Surtout qu’elles investissent une pluralité de lieux, dispersés dans la ville pour la plupart, emblématiques et détournés comme le musée départemental d’Arles antique, l’espace Van Gogh, églises, chapelles ou espace industriel en friche, comme les anciens ateliers SNCF récupérés en 1986.

La photo, la musique, le cinéma et l’architecture s’y croisent et s’entremêlent. Sam Stourdzé, directeur artistique du festival, voulait que « les expositions entrent en résonances (…) se prolongent, se répondent, s’interpellent, s’entrechoquent avec pour mot d’ordre le décloisonnement ». Le ton est donné.

Plus nous pensons les pays fermés, enfoncés plongés dans des crises politiques ou économiques, et plus les photographes sont là. Ils révèlent, racontent, témoignent, inventent, réparent, reconstruisent, avec leur propre langage, celui de l’image. Ils sont les décodeurs des signes annonciateurs des sociétés en plein bouleversement.
La 48e édition des Rencontres de la photographie partage ce goût de l’ailleurs. À travers Arles – ville  au patrimoine vivant qui, le temps d’un été, se transforme démultiplie en d’étonnants lieux d’accueil pour les expositions – se dessine un parcours qui vous mènera de l’Amérique latine à la Perse d’aujourd’hui, des rives du Bosphore à la frontière syrienne, du château d’Avignon aux caravanes arlésiennes. En apnée, vous ferez le tour du monde des inondations ; en train, vous vous confronterez à l’immensité du paysage russe ; en Ukraine, vous ramasserez les morceaux de Lénine ; vous réfléchirez au cas Monsanto ; vous suivrez sur vingt ans la vie d’une famille gitane… Du local au global, la 48e édition vous guidera au cœur de la scène colombienne, vous immergera au milieu de la nouvelle génération espagnole, vous initiera au regard oblique de la photographie iranienne ; le tout pour un voyage radical au cœur d’une géopolitique complexe et bouillonnante.

Mais un espace peut en cacher un autre ! Car plus encore que les mètres carrés, ce sont bien les nouveaux espaces de la photographie qui, plus que tout, mobilisent inlassablement l’énergie des organisateurs : espace de création, espace politique, espace de contestation ou de révolte, espace de réflexion… mais espace livré au regard critique et à la libre pensée.
Qu’on se le dise, avant d’être un lieu, les Rencontres d’Arles sont un espace… de liberté !

Les Rencontres d’Arles

Du 3 juillet au 24 septembre 2017

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